Mein sohn william, BRNS et Breton : concerts énergiques, soirée réussie
Accueillir Mein sohn william, groupe de noise rennais, BRNS, pop enragée belge, et Breton, révélation des Trans musicales et de la Route du Rock 2012, était un très beau cadeau offert par la salle de concerts, l’Antipode, à Rennes. C’était l’un des concerts les plus attendus dans le milieu rock de la programmation de cette salle de concerts. Pour dire, il affichait complet. Retour sur une soirée énergique et réussie, avec une bonne ambiance, qui fait oublier, l’histoire de quelques heures, le crachin breton, à l’extérieur.
Mein sohn william, véritable pile électrique
Le seul groupe rennais inaugure en premier la soirée. Dorian Taburet, désormais accompagné d’Antoine Bellanger, commence en grande pompe. On en entendait beaucoup parler. Ses passages dans les bars, La Bascule et le Oans Pub pour ne citer qu’eux, ont été remarqués (voir les reports sur Alter1fo). C’est une découverte ce soir pour le blog lavierennaise. Et elle a été déroutante. Les deux jeunes hommes arrivent, à la fois timides et très à l’aise. Cette contradiction se retrouve dans leur musique, tantôt douce, tantôt surexcitée. Our naked president plante le décor : Mein sohn william est un groupe complètement décalé, à la fois très drôle et subtile. Les deux compères sautent, dansent, hurlent et font même semblant de pleurer à gros sanglots. A l’aide de pédales de loop, les sons des synthétiseurs, de guitare électrique, voix et autres percussions, se mélangent pour former une ambiance noise. Le public se laisse porter par ce cocon de sons, où la voix n’a qu’une faible importance dans les chansons. Ce n’est pas une musique que l’on écoute, pour essayer de comprendre, mais que l’on ressent. Et on se laisse volontiers transporter, en leur compagnie.
« Bande de patates ! », lance Dorian, la tête pensante de ce projet, à la fin de la chanson Patate. Pas de réaction. Il faut dire que le public ne s’attendait pas à cela. Mein sohn william a tout donné, à la surprise générale. Dorian Taburet est connu pour faire des shows surchauffés, voire même un peu trop. Mais à deux, leur énergie est décuplée. Certains sont réticents et vont acheter quelques bières, histoire de passer le temps. D’autres déjà conquis, apprécient la prestation scénique du groupe, qu’ils trouvent plus fluide, carrée et propre depuis la formation du duo, il y a quelques mois. Quelques personnes dansent frénétiquement au rythme de leur musique. « Vous pourrez venir nous voir là-bas [dans l'autre salle de l'Antipode], on sera en train de dormir », conclue Antoine Bellanger. Et ils l’ont bien mérité. Mein sohn william a montré que le niveau était très élevé, ce jeudi. Belle découverte.
BRNS ne rate pas ses promesses
Un bon point pour la salle de l’Antipode, les changements de plateaux ne sont pas très longs. Vingt minutes grand maximum. Dix minutes de retard seulement sur la totalité du concert. 22 heures et des poussières, la salle pleine à craquer est prête à accueillir BRNS (à prononcer, Brains), groupe de rock belge. Le blog lavierennaise en avait entendu parler lors de leur premier passage en Bretagne, au festival Art Rock, en mai dernier. Malheureusement, on ne pouvait pas aller voir leur prestation. Les critiques musicales les louaient. Alors, nous aussi, on s’est fait notre propre avis. Ce groupe est, personnellement, le coup de coeur de la soirée.
BRNS, c’est une batterie, des guitares électriques et deux chanteurs : l’un guitariste, l’autre batteur. Cela change la façon de regarder un concert. Le batteur, situé à droite de la scène, est le chanteur principal. Le regard penche vers la droite, sans arrêt. Leur set commence très fort. Dès leur deuxième chanson, Here Dead He Lies, le public est transporté. Les deux voix suaves des chanteurs n’y sont pas pour rien. Rythme rapide de batterie, quelques notes de xylophone, un riff de guitare et leurs chansons deviennent obsédantes. Prestation impeccable pour ce jeune groupe. Le premier EP, Wounded, sorti il y a quatre mois, donne à voir la suite. A savoir : quelques titres joués sur scène sont inédits. Leurs chansons fonctionnent par vagues, elles posent une ambiance, puis deviennent plus rapides ou lentes pour prendre de l’ampleur à la fin. Même méthode sur scène. L’heure passe vite. Trop vite. Leurs deux derniers morceaux, dont fait partie Mexico, ont fait chanter le public de choeur avec BRNS. Dès la fin des dernières notes, la seule question que tout le monde a en tête est : « Vous revenez quand en Bretagne ? ».
Breton : « Rennes nous a inventés »
Mais même si les deux groupes, Mein sohn william et BRNS, ont régalé les oreilles des uns et des autres, la raison d’une telle affluence à l’Antipode était sans aucun doute, pour Breton. Découvert pendant les Trans musicales 2011, le groupe anglosaxon s’est retrouvé être le groupe à avoir pour tous les programmateurs de concerts. Un exemple, Breton était à la Route du Rock, en août dernier. Et ceux qui ont raté ces deux rendez-vous, ont eu la chance de se rattraper hier soir. Piqûre de rappel : le phénomène Breton est d’origine londonienne, formé de cinq membres. Ils ont sorti leur premier album cette année, Other’s People Problem. Ils ont commencé l’aventure par des réalisations de vidéos, ensuite mises en musique dans une ancienne banque de Londres, surnommée BretonLABS. (Source : Alter1fo)
Leur prestation scénique est tout à fait différente des deux autres groupes, de par la présence d’un projecteur. Deux ordinateurs sont disposés aux extrémités de la scène. Le public hurle et montre son envie de voir les anglais arriver le plus rapidement possible. L’Antipode est surchauffée lorsque le(s) Breton arrive(nt). Dès la première chanson, un clip commence, mélangeant science fiction, vie de tous les jours et expériences scientifiques. Pendant tout le show, le groupe est dans l’obscurité, pour laisser le public savourer les images. L’énergie donnée par le groupe se transpose sur le public. A côté du chanteur, l’un des guitaristes encapuchonné hoche la tête en fonction du rythme et récite à mi-voix les paroles des chansons psychédéliques entre électro et rock.
Roman Rappak, le chanteur du groupe, discute avec le public et parle dans un français impeccable. Leur ambiance très futuriste rend l’Antipode en transe. On ne sait plus où donner de la tête, regarder les clips ou profiter de l’ambiance ? Le chanteur aime à rappeler que ce sont les Trans musicales qui a révélé le groupe. « Rennes nous a inventés », répète-t-il plusieurs fois. Breton termine la soirée avec des morceaux exclusivement électros, pour faire danser les Rennais. Et cela fonctionne ! Toute la salle danse frénétiquement et chante. Leur musique expérimentale est très entraînante, le public ravi.
Mais il y a un couac. Pourtant il y a tous les ingrédients, un groupe et une salle déchaînés. Il manque quelque chose. Il manque LE petit plus. Question d’alchimie musicale. L’alchimie a mieux prise, personnellement, avec BRNS que Breton, ce jeudi soir. Mais on reste avec une très bonne impression d’ensemble. Le trio Mein sohn william, BRNS et Breton a été à la hauteur de toutes les attentes. On repart de l’Antipode fatigués et avec le sourire.

Le couac, c’est parce que Breton assume le côté sombre de sa musique, plus que le versant pop. Cela donne un peu de frustration tant on aimerait aller plus loin dans l’éclate sur leurs superbes titres. Pour être plus clair : sur le rappel et leur « single » Edward The Confessor, il ne joue le titre que sur à peine 4 minutes, là où pleins d’autres groupent le feraient durer pour le plus grand plaisir du public.
Quel beau groupe pour autant !
Je ne sais pas si vraiment il y a une explication à cela. J’ai préféré jeudi dernier la prestation de BRNS plutôt que celle de Breton
. Oui, très bon groupe en effet !