Dazibao : interview de SarO
A l’issue de la première journée du festival Tam-Tam, le festival d’accueil pour les nouveaux (et moins nouveaux) Rennais, le Crij Bretagne lançait sa première soirée Dazibao de la nouvelle année scolaire. Au programme : rap « enragé » d’Unité Maü Maü, punk-rock de The Decline !, beat box de SarO et électro des Janski Beeats.
Pour l’occasion, le blog lavierennaise a interviewé SarO, jeune fougerais à multi-casquettes et beat boxeur, qui a, une fois de plus, enflammé la salle de l’Etage, ce jeudi.
Blog lavierennaise : Bonjour SarO ! Tu fais du beat box depuis cinq ans, comment as-tu commencé ?
SarO : Le beat-boxeur O’slim est venu faire un concert à Fougères (située au Nord-est de Rennes, NDLR), commune dans laquelle j’habite. Je l’ai vu sur scène et j’ai kiffé ! A ce moment-là, j’ai voulu en faire et j’ai appris le beat-box par moi-même.
Tu as sorti ton premier maxi 7 titres, A la pourchasse du bonheur en 2010, et tu as collaboré avec 3 groupes, par la suite…
Oui, j’ai abandonné le projet solo. J’ai eu un groupe qui s’appelait Hypnose mais qui s’est terminé, il y un an. Cela n’a pas fonctionné, tout simplement. Ensuite, j’ai trouvé le groupe Bukatribe, « chorale alternative », basée uniquement sur la voix. Cela commence à bien fonctionner ! Je joue aussi avec un chanteur de chanson française, Zaïba.
Qu’est-ce qui t’a intéressé dans ces deux formations complètement différentes ?
J’aime toute sorte de musique, je ne suis fermé à aucun style. J’aime bien la chanson française, quand elle est bien faite ! (Sourire) Je trouve que Zaïba fait de la très bonne musique alors cela m’a intéressé. Et Bukatribe, c’est carrément dans mon créneau ! J’adore ! (Rires)
Bukatribe et Zaïba, tu les connaissais avant ?
Non, je ne les connaissais pas du tout. Un autre beat boxeur, Chris, qui faisait parti de Bukatribe auparavant, m’a amené dans le groupe et est parti depuis. Je suis le seul beat boxeur maintenant.
Tu as dit que tu avais appris tout seul le beat box. Comment as-tu fait ?
On m’a appris deux ou trois sons, au départ. Et j’ai été autodidacte, après. J’ai regardé des vidéos sur Internet, je cherchais tout seul, je m’entraînais, je faisais ça tout le temps en fait ! D’ailleurs, j’embêtais tout le monde avec ça. (Rires)
C’est beaucoup d’improvisation ou pas du tout ?
Pendant un concert, il y a un peu d’impro’ mais globalement, tout est préparé.
Les sons que tu fais, ils reviennent souvent ou tu changes régulièrement ?
Ça dépend lesquels tu as travaillé. Je fais les sons que je réussis à trouver… ! Sur scène, je n’en trouve pas, je ne me dis pas « Ah tiens, celui-là il est bien ! » (Rires).
Le beat box est une branche du hip-hop, qu’est-ce que cela représente pour toi ce mouvement ?
C’est ce qui m’a fait faire de la musique : commencer à faire du beat-box, à rapper, etc. Avant je faisais déjà de la musique, j’ai fait 10 ans de batterie et ensuite, j’ai découvert les groupes de rap comme tout jeune. Le hip-hop, c’est la danse, le breakdance, le rap, le graff, le beat box. Voilà tout ce que ça représente. J’adore ça !
Tu disais que tu as fait du rap… Justement avec Hypnose et sur ton maxi 7 titres, tu chantais. Est-ce que tu vas reprendre le chant ?
Sur Bukatribe, j’ai un texte. Je fais un peu de rap, c’est prévu d’ailleurs qu’on en fasse un autre. Quand je suis arrivé dans le groupe, il y avait déjà pas mal d’ébauches de morceaux de fait. Les textes étaient déjà écrits et il n’y avait pas trop de place pour me rajouter dessus. On en a inventé d’autres et du coup sur ceux-là, il y a des endroits où j’ai pu m’exprimer. J’ai écrit deux couplets.
Pour Zaïba, c’est plus « instrumental » ?
Je m’occupe surtout du beat box et des samples. Pas de rap, c’est lui le chanteur !
Dans quelques mois, Bukatribe va sortir son premier EP. Est-ce que tu peux en dire un peu plus ?
Ça va être de la bombe ! (Rires) Cela va bien représenter ce qu’on fait sur scène, on est très contents de ce qu’on a fait, en tout cas. C’est le principal et on espère que ça va plaire au public, qu’il n’y ait pas trop de décalage entre la scène et le disque.
Bukatribe, c’est toute une mise en scène…
On est uniquement vocal, alors sur scène cela impressionne les gens. Il n’y a pas d’instruments alors ils se disent « Comment ils font pour faire tout ça ? ». Sur CD, il n’y a pas le visuel alors ce n’est pas la même chose.
Peux-tu me parler du style des morceaux de votre groupe ?
Cela se balade entre la soul, le hip-hop et de la drum’n’bass. On essaye de faire ce qu’on aime. Chacun a ses influences propres, on ramène chacun nos ingrédients et ça fait des morceaux ! Je ne peux pas parler d’un style musical précis car on n’en a pas vraiment.
As-tu pour projet d’avoir un album solo ?
J’aimerais bien faire des petits morceaux par-ci, par-là. Je cherche d’ailleurs des beat makeurs qui font des instru’ dubstep hip-hop. Plutôt faire des featuring et diffuser sur internet mais pas de CD tout seul. Je n’en ai plus vraiment envie.
En ce moment, tu fais pas mal de dates. Prochainement avec Zaïba à l’Etage, le 1er octobre, à Saint-Brieuc, à Paris, etc. As-tu des projets à venir pour la suite ?
Oui, celui de sortir l’EP avec Bukatribe. Et sortir un deux titres avec Zaïba. Après d’aller sur la route et de viser l’intermittence !
Le concert de ce soir, tu le sens comment ?
Je pense que cela va bien envoyer ! Je joue pile à la bonne heure, juste avant Janski Beeats. J’espère que le public sera bien enflammé parce que moi je le serai. Cela va être une très bonne soirée !