Les balades littéraires font leur première rentrée
Vingt-cinq. Tel est le nombre de librairies rennaises recensées sur le site des Pages jaunes. Généralistes et spécialisées, elles affluent dans la capitale bretonne. Et encore, la liste n’est pas exhaustive. Même Maxime Aubin, ancien gérant du bar Le 1929, en a ouvert une en juillet dernier, rue Saint-Louis. Les Rennais apparaissent comme férus de livres mais la ville elle-même ne semble pas avoir été une importante référence littéraire. On se souvient plus du canton de Combourg pour le château de Châteaubriand ou encore de Vitré et des Chouans de Balzac.
Pourtant, le chef-lieu de la Bretagne a un patrimoine littéraire conséquent. Anne-Isabelle Gendrot, guide accompagnatrice à son compte, s’y est intéressée. A partir de ce mois-ci, elle propose des balades littéraires en plein cœur de Rennes sur les écrivains qui ont marqué Roazhon.
« Frédéric Mitterrand a lancé un nouveau label en 2011, le label Maison des illustres. Cela reprend un peu le label Maison des écrivains et cela se développe énormément à l’heure actuelle. Il y a beaucoup de régions, de communes qui se lancent dans la mise en valeur de leur patrimoine littéraire. Cela comprend : mettre en avant la maison d’un écrivain, un endroit où il est passé, dont il a parlé, etc. C’est une notion très vaste. A Rennes, cela ne se fait pas trop. On en entend peu parler. Mais en faisant des recherches, j’ai trouvé des choses passionnantes. », pose Anne-Isabelle Gendrot. C’est donc elle qui se porte ambassadrice de la littérature Rennaise. Depuis son arrivée à Rennes en 2008, elle va de découvertes en découvertes à propos de cette ville. Selon elle, les Rennais ne la mettent pas assez en avant.
Découverte d’une passion
Salariée dans la fonction publique depuis des années, elle n’y prend pas plaisir. Il y a trois ans, Anne-Isabelle commence à s’y ennuyer ferme quand elle se décide à prendre un congé formation d’un an, histoire de changer d’air. A l’époque, elle se trouve « moins cultivée » que son ami. Elle décide alors de reprendre une formation universitaire pour étoffer sa culture générale et s’inscrit en licence Histoire de l’Art, à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne. Résultat ? La quadragénaire s’implique énormément dans ses études et s’y trouve une passion, les balades guidées. Dans deux ans, à la fin de son master Médiation du patrimoine en Europe, elle compte avoir son titre de « guide conférencière ». A 47 ans, « j’ai trouvé ce que je voulais faire quand je serai grande », plaisante-t-elle, tout sourire.
Mais ce n’est pas tout. Salariée et étudiante, Anne-Isabelle a également crée sa propre entreprise, l’année dernière. « Les Balades armoricaines » ont vu le jour et depuis, la machine est en marche. Une dizaine de balades y sont proposées. « Rennes pour les Nuls » remporte un franc succès, elle y démystifie notamment certains dires comme Anne de Bretagne et les autoroutes et revient sur l’Histoire de la ville. Plus insolite, « l’Art contemporain » ainsi que « Rennes au Moyen-Âge », visite à faire à la tombée du jour : « il y a beaucoup de demande sur Rennes (…) Les habitants redécouvrent qu’ils ont une Histoire riche qui remonte à l’Antiquité ».
Nouvelle balade : les écrivains à Rennes
En ce mois de septembre, Anne-Isabelle Gendrot se lance alors sur une nouvelle balade, d’un autre genre : les balades littéraires. Après deux mois de recherches et de lecture, elle la présente pour la rentrée. Ce qui l’intéresse particulièrement, c’est de montrer le lien entre les écrivains, la ville et ce qu’ils en ont pensé. Elle en a donc choisi treize. Treize qui ont un rapport avec Rennes même si certains n’y ont même pas mis les pieds. Eux, on les appelle les « assimilés », ceux qu’on choisit pour combler les vides, selon la formule de l’historien Rennais Laborderie. C’est le cas de Victor Hugo qui a une rue attitrée, près du Parlement de Bretagne.
Globalement, Anne-Isabelle Gendrot va présenter « des auteurs qu’on ne lit plus », « ressortir » la littérature oubliée et discuter d’éléments insolites sur les écrivains les plus connus. Pendant deux heures, elle arpente le cœur de Rennes et rythme la balade par explications biographiques, anecdotes et lectures d’extraits de romans. Elle montre la maison de Paul Féval, auteur du Bossu, « plus lu que Balzac » au 19è siècle. Les badauds partent sur les traces de Louis Destouches, Victor Hugo et Chateaubriand. Mais n’oublions pas Du Fail, contemporain de Rabelais, ainsi que Stendhal. Grâce à cette visite, les Rennais (re)découvrent aussi Anatole Le Braz, écrivain breton qui n’a écrit qu’en français ainsi qu’Alfred Jarry et son Ubu roi. L’accompagnatrice a aussi tenu à parler de David S. Khara, jeune écrivain Rennais contemporain, connu pour son Projet Bleiberg prochainement adapté au cinéma. Au final, la littérature Rennaise n’est pas morte. Il suffit juste de savoir l’entretenir et quelquefois de la déterrer pour faire de belles découvertes.

C’est où et quand? Un lien pour trouver des renseignements pratiques sur ces balades?
Bonjour ! Vous trouverez les renseignements ici : http://www.baladesarmoricaines.fr/les-balades/ Ainsi que dans l’onglet « Réserver ».