Salsa Bretana accueille la coupe de France de salsa

Le 3 septembre 2012 par Manon

Du 13 au 23 septembre, l’association de danse cubaine Salsa Fievra fait bouger le public Rennais pour la quatorzième fois consécutive, lors de son festival, Salsa Bretana ! Connu comme « le festival qui fait durer l’été », ce dernier accueille cette année un évènement de taille, la deuxième coupe de France de salsa, le 22 septembre. L’enjeu est donc considérable pour le festival et pour la ville de Rennes. Sans oublier les soirées dansantes et les initiations.

Le blog lavierennaise a rencontré Marie Royon, responsable de l’organisation, pour discuter mélange des cultures, soutien financier de la ville, sensibilisation auprès des étudiants et programmation artistique. 

 

Blog lavierennaise : Le festival Salsa Bretana a été crée en 1999 par Salsa Fievra. A l’époque, Rennes n’était pas très branchée salsa ?

Marie Royon : En effet. Salsa Fievra a été la première association à proposer de la salsa sur Rennes. Ensuite, avec les années, cela s’est développé par le biais d’autres associations car on ne fait pas toutes le même style de danse. C’était le but que cela se propage pour qu’il y ait une mixité dans la même ville. L’idée de faire ce festival était de proposer un temps convivial dans l’année qui permet de faire découvrir cette pratique artistique à un grand public en ville et sur la périphérie rennaise.

Comment s’est passé le choc des cultures cubaines et bretonnes ?

Il n’y en a pas eu car la Bretagne est une vraie terre d’accueil pour les cubains. A Cuba, on sait bien, ce n’est pas très facile pour avoir des locaux pour enseigner. Les professeurs, eux, cherchent à se faire connaître alors ils se forment là-bas mais n’arrivent pas à y gagner leur pain. Il se trouve que les groupes de musiciens cubains ont beaucoup immigré en Bretagne, pour je ne sais quelle raison, dans le secteur de Rennes. Par la suite, beaucoup de professeurs ont suivi le mouvement et se sont installés en Europe. Aujourd’hui, la salsa est très répandue en Espagne et beaucoup dans les pays de l’Est. Il ne se passe pas un jour sans qu’il ne se passe un événement de salsa dans le monde… (Rires) De plus, cette danse est très fédératrice. Si un novice vient à une soirée salsa, il s’amuse quand même ! Tout le monde invite tout le monde, ce n’est pas sectaire, d’où son succès.

En parlant de mélanges de cultures, le 22 septembre prochain aura lieu la création artistique « Cuba y Breizh », lors de la soirée Salsa Bretana. Pouvez-vous m’en dire plus ?

« Cuba y Breizh » est à l’initiative du Bagad de Cesson-Sévigné (NDLR : commune située à la périphérie rennaise), un groupe de musiciens qui tourne beaucoup dans la région rennaise et ailleurs. Depuis quelques années, ils essayent de montrer des œuvres originales à leur public. L’année dernière par exemple, ils ont fait une création avec une compagnie de danse africaine. Il se trouve qu’il y a une petite communauté de musiciens cubains sur Rennes. Et cette année, ils se sont mis ensemble et ont collaboré pour la création artistique, « Cuba y Breizh » qu’ils présentent pour la première fois, le samedi 22 septembre. Cela représente une trentaine d’artistes sur scène, le festival Salsa Bretana est très content de les accueillir ! Cela promet ! (Rires)

Cette année, vous programmez sept compagnies et/ou artistes…

En effet, il y a deux troupes parisiennes, Yamatimba et Palamambo Danse Compagnie, qui tournent notamment dans les festivals européens… Ils sont régulièrement sur scène. Pour certains, ils en vivent. Pour d’autres, ils font cela à côté d’un autre métier.

J’ai remarqué que c’était une programmation majoritairement francophone, est-ce un choix ?

C’est volontaire pour l’instant. On se dit que le public qui les verra lors du festival Salsa Bretana, peut les retrouver dans d’autres villes françaises. C’est aussi une question de budget, faire venir quelqu’un d’un autre pays, cela représente un coût. Le festival existe depuis quatorze ans mais monte en puissance petit à petit. D’année en année, on essaye de faire venir des artistes plus connus, plus réputés. On y va progressivement mais sûrement.

Cette quatorzième édition accueille plus d’artistes qu’avant, quelles en sont les raisons ?

En 2002 et 2003, l’association avait programmé de gros plateaux artistiques avec beaucoup de professeurs très réputés. Cela avait très bien fonctionné mais on a un peu réduit l’allure depuis. Ce n’est pas parce que cela avait été raté mais c’est parce que notre association tient surtout à l’engagement bénévole. C’est le jeu, il y a beaucoup d’étudiants qui vont et viennent dans l’association. Il y a des équipes plus ou moins nombreuses, plus ou moins impliquées selon les années. Pour la quatorzième édition, les bénévoles sont très actifs, ce qui nous permet de relancer la machine pour cette année et les années à venir !

Comme vous le disiez, le festival prend de plus en plus d’ampleur. La Ville de Rennes vous aide très activement…

A la base, c’est un partenariat avec la Nuit des 4 Jeudi (NDLR : ND4J, soirées gratuites organisées par la ville de Rennes). La soirée d’ouverture du festival, le 13 septembre, à la salle le Liberté rentre dans ce cadre, ainsi que la soirée de clôture, le 22. Le Ministère de la Culture nous donne aussi des subventions. Dans le contexte de crise actuelle, on reçoit moins de subventions évidemment mais cette année, ils ont misé sur ce festival là.

Est-ce que ces coups de pouce ont un rapport avec la venue de la deuxième coupe de France de salsa lors du festival ?

Pas spécialement car le partenariat avec la ville de Rennes a été négocié à part. Mais c’est vrai que tout ce qu’on va amener comme projet original va les intéresser. En effet, eux, ce qu’ils veulent montrer c’est qu’il se passe des choses sympa à Rennes. Nous, on essaie d’être à la hauteur de leurs attentes.

C’est la grande nouveauté de cette édition : la deuxième coupe de France de Salsa arrive à Rennes pour la première fois lors du festival ! Quelles en sont les modalités ?

Cette année, la Salsa a été reconnue comme sport mondial. Et une discipline qui fait partie de cette catégorie, pourra accéder aux jeux olympiques. Le but de la coupe de France, c’est de repérer des couples qui vont constituer une équipe nationale. Le couple qui gagnera cette Coupe représentera la France en juillet 2013 à Cali, en Colombie.

Le festival promue la culture afrocubaine et afro-caribéenne via la diffusion de films comme Chico & Rita au Cinéville le 18 septembre, des cours d’initiation à la danse, des ateliers culinaires, des expositions, etc. Vous aviez travaillé avec l’association Rennes-Cuba les années précédentes, pourquoi l’avoir cessé ?

Je ne peux pas répondre précisément à la question mais je ne pense pas que Rennes-Cuba soit encore très active dans le milieu associatif. On essaye de travailler beaucoup avec des associations étudiantes. Cette année, dans l’équipe, il y a des étudiants de l’ESC de Rennes (NDLR : Ecole Supérieure de Commerce) et on collabore avec leur Bureau des Arts (BDA). Le fait d’avoir un partenariat avec la ND4J, adressée à un public majoritairement étudiant, c’est un engagement de notre part.

 Retrouvez le programme du festival : ici

 

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