Art Rock : Bouillants #4 à Saint-Brieuc

Le 30 mai 2012 par Manon

Ça y est, la valse des festivals a (enfin) commencé ! Le festival Art Rock, situé en plein cœur de Saint-Brieuc, mène la danse. C’est le premier festival de l’été et l’une des attractions phares de la ville. Pendant trois jours, tout Saint-Brieuc met le pied à l’étrier. La journée, la ville se transforme en une scène à taille urbaine. Au programme, spectacles de rue, expositions d’art numérique, concerts par les musiciens du métro et petit « village » aménagé. Et ce ne sont pas que les festivaliers qui en profitent, ce sont aussi les habitants. La journée, tous les concerts et expositions sont gratuits. S’enchaînent trois soirées de concerts et de spectacles dont Panorama de Philippe Decouflé et Zombie Aporia de Daniel Linehan. En « off » de la Grande Scène, trois concerts sont prévus au forum la Passerelle chaque soir ainsi qu’Artbis’trock, le festival dans les bars façon Bars en Trans. 

Pendant une semaine, du mardi 22 au dimanche 27 mai, l’espace nomade Bouillants #4 s’est installé à Saint-Brieuc. En partenariat avec le festival Art Rock, Bouillants #4 a apporté deux œuvres directement venues de Vern-sur-Seiche, de la laiterie Bouillants qui a été le cœur de l’exposition pendant trois mois, Perturbation de Du Zhenjun et Dérive de François Quévillon. Quatre autres œuvres ont été aussi exposées dans la même optique, celle de faire découvrir l’art numérique au grand public.

 

Bouillants #4 à Saint-Brieuc : même devises, citoyenneté et participatif

La salle d’expositions est grande et comporte un étage. Les pièces sont presque vides, les badauds y viennent par curiosité, bien souvent. La première œuvre, Perturbation, de Du Zhenjun, est projetée sur un grand pan de mur. Des individus y sont représentées, européens ou asiatiques, petits ou grands. Il n’y a aucune cohérence entre les différents éléments. On y voit une vache, une table et d’autres objets incongrus qui se mélangent entre les individus. Le public est interloqué. Sur un bout de papier, à gauche, on peut lire « Perturbez au 06 … » Ainsi, lorsqu’on appelle, les portables des individus s’activent et s’empressent pour répondre.

L’intérêt pour Du Zhenjun, artiste chinois, a été de montrer à quel point de façon mondiale les personnes sont omnibulées par le numérique et les nouvelles technologies. Chaque attitude qu’elle soit chinoise ou française face à ces nouvelles technologies sont similaires. L’artiste dénonce cette uniformisation des comportements. Le public briochin a été étonné par cette œuvre et timide, n’osant pas ou peu composer le numéro de téléphone.

 

De l’autre côté de la pièce, la deuxième œuvre mise en place par Bouillants, de François Quévillon, artiste québécois, est, elle aussi, projetée sur le mur blanc. Dérive propose, en temps réel, grâce à des données prises sur Internet, de regarder des villes comme New-York et Sherbrooke. Le spectateur se place devant l’écran et grâce à ses mouvements, parcourt la ville, voit la Statue de la Liberté, peut s’en approcher, reculer. François Quévillon a réfléchi, pour faire cette œuvre, sur la nature, l’environnement et le temps. Œuvre amusante qui donne envie de voyager dont on ne comprend pas forcément la démarche.

 

Art Rock : l’art numérique en premier

Cette exposition d’une semaine a été surtout le moyen de sensibiliser Saint-Brieuc à l’art numérique. C’est la seconde fois qu’Art Rock a établi un partenariat avec Bouillants. Mais ce n’est pas l’attraction principale du site qui accueille 6 œuvres en tout. Ces œuvres sont éclectiques et internationales, elles viennent du Japon, des Etats-Unis et de l’Espagne.

 

Seulement une sur les quatre est participative, celle dénommée Be Cartoon (photo ci-contre) de Christophe Weber. Dans un espace clos, plusieurs cases de bande-dessinée sont sur le mur. Grâce à des caméras internes, les spectateurs qui rentrent dans le carré sont dessinés en temps réel dans les cases. Le grain de l’image donne l’impression d’une bande-dessinée. Cette œuvre est amusante et est, personnellement, un coup de coeur.

 

 

Dans un petit endroit, les œuvres de Sachiko Kodama, artiste japonaise, Morpho Tower, se font discrètes. Cette œuvre est constituée de trois petits œufs, installés côte à côte. L’artiste a travaillé sur les fluides et leur dynamique. A chaque contact, les fluides changent. Une œuvre très esthétique mais qui n’est pas facile à appréhender.

 

 

 

Alex Posada, d’origine espagnole, a suscité la curiosité des briochins. Son œuvre, The Particle, a fait salle comble pendant tout le week-end. Une demi-heure d’attente pour pouvoir entrer dans la salle. Le nombre de personnes est limité, dû aux anneaux qui changent de couleur, de forme et de vitesse, qui pourrait déclencher des crises d’épilepsie. Mais rassurez-vous, rien de ce type ne s’est produit. L’oeuvre réagit aux mouvements et aux sons, thématique principale de cette exposition, à Art Rock. Alex Posada a crée une œuvre intrigante voire dérangeante qui a été sans conteste l’attraction de l’exposition.

 

La dernière œuvre de toutes ces installations a été installée à l’étage. Des sièges et un canapé ont été mis à la disposition du public. En effet, cette œuvre dure une dizaine de minutes. Un géant à l’aspect changeant marche indéfiniment. En fonction du son et des mouvements, le géant se transforme d’où la dénomination de l’oeuvre, The Transfiguration, réalisée par Matt Pyke. Fait de bulles, bleu, vert, à poils ou en acier, le géant est hypnotisant voire endormant. Œuvre sympathique et très jolie visuellement mais qui, malheureusement, ne permet aucune interaction avec les personnes.

 

 

Merci à Gwendal Le Flem pour ses photographies !

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