DIY : Mademoiselle Cocotte

Le 23 mai 2012 par Manon

La vague DIY (Do It Yourself!), venue d’outre Atlantique, souffle depuis une décennie dans l’Hexagone et n’a pas fini de se répandre. Ce concept est de faire tout par soi-même, une sorte de renaissance du « hand made ». Et le « fait maison », Bérengère Duval connaît bien ! Le blog lavierennaise l’a rencontré aujourd’hui. Étudiante, la créatrice de « Mademoiselle Cocotte » s’est lancée dans la confection de boucles d’oreille cocottes en origami, depuis un petit mois désormais. Explications.

 

Vous vous en rappelez des bateaux, des grenouilles ou des fleurs de nénuphar en papier que vous vous amusiez à faire pour vos amis, au primaire ou pendant les heures de permanence ? Sûrement, oui. Cela s’appelle de l’origami. C’est la terminaison pour dire « l’art de plier du papier ». Originaire de chine, l’origami est une pratique qui s’est démocratisé au Japon entre le 17 et le 19 ème siècle. Pour vénérer les Dieux ou pour démontrer son amitié à une personne, l’origami sert à affirmer son attachement à quelqu’un.

Perçu comme esthétique, l’origami a aussi une symbolique, au Japon. (Source : Wikipédia) Par exemple, l’origami japonais le plus connu est la grue. Deux ailes, une petite tête et un long cou, la grue japonaise représente la paix. Il existe une légende urbaine qui dirait que si une personne souffrante plie 1000 grues, elle connaîtra la guérison. La légende dit aussi qu’en 1945, une jeune fille, Sadako Sasaki, a été touchée par les ondes de la bombe atomique d’Hiroshima. Avant sa mort, dix ans plus tard, elle aurait plié 644 grues.

Pratique peu courue à Rennes

Quand on tape sur les moteurs de recherche « origami rennes », on tombe sur la friperie Frip’ Nip’ qui fabrique, elle aussi, ses boucles d’oreilles grue ou boucles d’oreille cocotte, si vous préférez. Cela a besoin d’une rectification, on a beau appeler cela des boucles d’oreilles cocottes, les cocottes ne sont rien d’autre que des grues, dans ce cas présent. L’amalgame est répandu. La cocotte est elle aussi un origami mais beaucoup plus simple dans ses finitions.

Copyright Gwendal Le Flem

A Rennes, donc, cette pratique n’est pas très répandue. Les grues se retrouvent beaucoup plus sur la Toile où, là, il y en a pour tous les goûts à des prix très variables, allant jusqu’à une vingtaine d’euros pour une paire de boucles d’oreilles. De là à dire qu’il y a un marché rennais à se faire sur les « boucles d’oreilles en cocottes », pas vraiment. Il faut que cela plaise et même si cela a beau plaire, les clients y trouvent toujours un mot à redire. Les cocottes ne font pas parler d’elles sur les braderies de la capitale bretonne. Mais cela ne désole pas Bérengère Duval, étudiante de 23 ans, diplômée d’un master de sociologie, car, pour elle, avant tout, c’est quelque chose qui lui plaît et c’est l’essentiel. Tant que cela ne devient pas une contrainte, elle y trouve son compte.

Bérengère et les travaux manuels, une longue histoire

Avant d’en arriver à vouloir créer des boucles d’oreille en forme de cocottes agrémentées de perles, Bérengère a touché à tout. Elle a été sensibilisée aux loisirs créatifs depuis toute petite par le biais de sa mère qui était fournisseuse dans les centres de loisirs. « J’essayais de créer, d’inventer », se remémore Bérengère, avec les moyens du bord. A la fin de son adolescence, elle se met à la peinture. Mais pas à n’importe laquelle ! Peinture sur verre ou sur céramique. De là à en faire son projet professionnel, elle se l’est demandé à 18 ans lorsqu’elle a dû faire des choix d’orientation. Le métier de professeur des écoles l’a plus tenté, elle s’est, donc, orienté dans la filière de sociologie.

Après une trêve de quelques années, Bérengère s’est remise à ses créations, il y a un an et demi. Elle découvre le scrapbooking pour lequel elle a un coup de cœur. La méthode est simple : il faut customiser son album de photographies, découper, coller pour en faire quelque chose de personnel et d’inventif. Elle se lance pour donner des cours de scrapbooking, chose peu courante à Rennes. Quelques personnes sont intéressées mais lui imposent certaines contraintes. Cela la dissuade et elle décide de ne, finalement, pas en faire son gagne pain. Pour Bérengère, faire des grues en papier est un bon compromis. Elle peut laisser parler son imagination tout en les vendant.

La cocotte en papier et uniquement la cocotte

Copyright Gwendal Le Flem

La jeune femme a découvert cet univers asiatique à la fin de son service civique, à Rennes, il y a quelques mois. Lors de son départ, ses collègues lui ont acheté le livre L’atelier de papier japonais d’Adeline Klam, sachant son goût pour les travaux manuels. Y sont référencés, dans ce livre, des modèles d’origami pour créer, entre autre, des cartes postales et des guirlandes illuminées. C’est par ce biais qu’elle commence à créer des grues. Désormais, une grande guirlande aux grues multicolores orne son lit.

Il y a un mois, en se baladant à Saint-Brieuc, Bérengère entre dans un magasin de bijoux. Parmi plein de boucles d’oreilles, une paire attire son attention. Deux petites cocottes en sont les pendentifs. Elle trouve l’idée originale et décide d’en faire toute sorte de modèles. Petites, grandes, vertes, orangées, jaunes avec de grosses perles, la professionnelle des cocottes souhaite, au départ, les mettre sur le site Esty.fr. Mais désormais que le projet de les vendre se précise, elle préfère être référencée personnellement et met au point, en ce moment, un site intermédiaire sur Prestashop.fr qui lui permettra de montrer ses nouveautés. Pour l’instant, elle a crée une page Facebook « Mademoiselle cocotte », outil de diffusion simple et gratuit, qu’elle met à jour régulièrement. Le site final, qui ne se concrétisera pas avant quelques mois, permettra à chaque cliente de créer ses propres boucles d’oreille. Du vrai sur-mesure.

Comme Bérengère me l’explique, le nom choisi pour son site « Mademoiselle Cocotte » n’est orienté que sur un type d’origami, les grues. Oui, oui, des grues. « Mademoiselle grue » aurait moins fait accrocheur. Bérengère ne souhaite pas quitter ce modèle-là et préfère élargir la palette de produits proposés. Des boucles d’oreilles, pendentifs pour des colliers et, pourquoi pas, des guirlandes en cocotte ?

Besoins des clients, avant tout

Cela a beau être un plaisir pour elle, l’étudiante n’oublie pas ses clients. Au contraire. Les matières qu’elle choisit ne doivent pas être allergènes. Pour cela, elle n’utilise pas de résine pour solidifier les cocottes en papier mais deux autres produits. Le premier est un vernis qui permet de durcir la cocotte, après l’avoir trempé dedans. Le hic : cela ternit considérablement la couleur. Le second est un spray qui ne touche pas à la couleur mais ne solidifie pas la cocotte. Elle peut donc se plier par maladresse. Bérengère pense aussi aux prix des boucles d’oreille qu’elle met à 8 euros, pour ne pas « arnaquer » le client.

 

page Facebook - site Internet  

Photographies : Copyright Gwendal Le Flem

1 Commentaire + Ajouter un Commentaire

  • C’est purement meleuilrvex! J’adore particulie8rement les grues et les panneaux publicitaires. De la science fiction, des flying saucers, du jeu video, de l’over-realisme et plus si affinites C’est du reve eveille! Juste un peu trop propre e0 mon gout je me demande quelle est l’importance de la post-prod mais son style est coherent. (sorry, have to find the accents on this bloody brittish keyboard) Bonne introduction en effet, et tu tapes haut!

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